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12/05/2010

Conférence sur Rothko maintenant en écoute ici

"Mark Rothko, peindre la tragédie, l'extase et la mort", par Elise Chante, conférence à la médiathèque d'Uzès le 04 mars 2010. Excusez-moi, je n'ai pas réussi pour le moment à regrouper ces 16 pistes en une seule.

















01/03/2010

conférence-expo à Uzès JEUDI 4 MARS, 18h

La conférence s'est très bien passée, les personnes présentes ont pertinemment participé à la discussion, un bon moment d'échange et de convivialité. L'enregistrement de mon intervention, ainsi que le compte-rendu qui en a été fait sont librement accessibles à la médiathèque d'Uzès. Encore merci à tous.

expo,conférence,rothko

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Je donnerai une conférence sur l'oeuvre de Rothko et la tentation de peindre l'impossible, à la médiathèque d'Uzès (30) jeudi 4 mars à 18h. A cette occasion mes dernières toiles seront exposées.

 

MARK ROTHKO : PEINDRE LA TRAGEDIE, L’EXTASE ET LA MORT

Par Elise Chante, doctorante en Etudes Psychanalytiques et artiste peintre.

Conférence et discussion autour de l’œuvre du peintre et de ses écrits, accompagnée d’une vidéo-projection d’oeuvres de Rothko, et d’une exposition de peintures d’Elise Chante.

 

On classe souvent Mark Rothko parmi les expressionnistes abstraits, mais il aimait s’affirmer comme réaliste. Ce qu’il peint ce sont des « choses », des « idées », qui ne sont pas moins réelles que les choses matérielles.

Son œuvre semble jouer avec la contradiction : si sa peinture est en quête d’absolu, d’unité, elle tente de l’atteindre en articulant dans un mouvement flottant le vide à l’être, en créant une respiration entre l’être et le non-être. Le tableau, dans son unité, peut-il faire la synthèse de l’être et du néant ?

Rothko veut happer, ce sont ses mots : « la tragédie, l’extase et la mort ».

La tragédie grecque telle que Nietzsche en donne les fondements, est justement une représentation de ce qui échappe à l’ordre représentationnel : l’extase et la mort. En ce sens elle serait paradigmatique de l’œuvre d’art en général, qui ouvre un lieu pour un autre de la représentation : l’inexprimable, le réel.

Aussi serons-nous amenés à questionner l’articulation entre la représentation et son autre dans l’œuvre de Mark Rothko, lui qui a écrit :

« Je ne crois pas qu’il ait jamais été question d’être abstrait ou représentationnel. Il ne s’agit vraiment que de mettre fin à ce silence et à cette solitude, d’ouvrir une brèche et de tendre encore ses bras ».

 

Cette brèche nous parait ouvrir sur un impossible, impossible de la Nuit telle que l’a formulée Maurice Blanchot, la Nuit de l’origine et de la mort, intraitable, aux frontière de laquelle l’œuvre d’art nous déchire, nous expulse. Une Nuit qui chez Rothko se décline en nuit de lumière, irradiante, en nuit rouge, de sa couleur de prédilection, et enfin en nuit noire, lorsque l’origine et la mort se rejoignent.

Parler de Rothko c’est ainsi parler de ce qui habite la création de tout temps, de son rapport à l’être et au néant ; c’est aussi donner à penser une esthétique et une éthique qui se fondent de la nécessité du hasard, rappelant à l’humain son humilité comme ses capacités à transcender sa condition.

 

 

 

22/10/2009

Projets en cours

Conférence-débat à la médiathèque d'Uzès (Gard) début mars 2010 (dates à préciser).

J'y présenterai le cheminement de Mark Rothko, de la figuration jusqu'à la représentation des "idées" relatives à la condition humaine au moyen de l'abstraction.

Une exposition de mes toiles devrait avoir lieu parallèlement.

Argument:

Abstraite ou figurative, l’œuvre picturale ouvre sur le lieu d’un autre de la représentation : l’inexprimable, le réel. Il s’agira pour nous de questionner l’articulation entre la représentation et ce qui échappe à sa clôture dans l’œuvre de Mark Rothko. D’autres peintres, ainsi que des poètes, seront convoqués dans leur tentative de donner forme à l’invisible, d’instituer le vide en absence, au risque de tomber dans le trou abyssal que ne manque pas d’ouvrir cette recherche. Ce que la psychanalyse depuis Freud nomme la Chose, das Ding, est l’objet mythiquement posé à cette place vide, à l’interface du réel et du symbolique. L’œuvre vient ainsi s’apposer sur le plan vide de l’objet primordial, elle se place à l’entre-deux entre le rien et le quelque chose, à l’endroit du passage. Or, entre deux champs hétérogènes, nul passage, nulle médiation n’est possible. L’impossible de l’œuvre tient à cette position intenable, qui oblige l’artiste à ouvrir une fenêtre sur un lieu, un non-lieu, inédit. Le geste du peintre et l’expérience de fascination que provoque l’œuvre correspondent à l’instant du saut. « Le tableau doit être pour l’artiste, comme pour quiconque en fait l’expérience plus tard, la résolution inattendue et sans précédant d’un besoin éternellement familier » (Rothko). Besoin d’offrir un espace de respiration au Néant, de lui construire un temple, de garder trace de l’origine et du destin humain.