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01/03/2010

conférence-expo à Uzès JEUDI 4 MARS, 18h

La conférence s'est très bien passée, les personnes présentes ont pertinemment participé à la discussion, un bon moment d'échange et de convivialité. L'enregistrement de mon intervention, ainsi que le compte-rendu qui en a été fait sont librement accessibles à la médiathèque d'Uzès. Encore merci à tous.

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Je donnerai une conférence sur l'oeuvre de Rothko et la tentation de peindre l'impossible, à la médiathèque d'Uzès (30) jeudi 4 mars à 18h. A cette occasion mes dernières toiles seront exposées.

 

MARK ROTHKO : PEINDRE LA TRAGEDIE, L’EXTASE ET LA MORT

Par Elise Chante, doctorante en Etudes Psychanalytiques et artiste peintre.

Conférence et discussion autour de l’œuvre du peintre et de ses écrits, accompagnée d’une vidéo-projection d’oeuvres de Rothko, et d’une exposition de peintures d’Elise Chante.

 

On classe souvent Mark Rothko parmi les expressionnistes abstraits, mais il aimait s’affirmer comme réaliste. Ce qu’il peint ce sont des « choses », des « idées », qui ne sont pas moins réelles que les choses matérielles.

Son œuvre semble jouer avec la contradiction : si sa peinture est en quête d’absolu, d’unité, elle tente de l’atteindre en articulant dans un mouvement flottant le vide à l’être, en créant une respiration entre l’être et le non-être. Le tableau, dans son unité, peut-il faire la synthèse de l’être et du néant ?

Rothko veut happer, ce sont ses mots : « la tragédie, l’extase et la mort ».

La tragédie grecque telle que Nietzsche en donne les fondements, est justement une représentation de ce qui échappe à l’ordre représentationnel : l’extase et la mort. En ce sens elle serait paradigmatique de l’œuvre d’art en général, qui ouvre un lieu pour un autre de la représentation : l’inexprimable, le réel.

Aussi serons-nous amenés à questionner l’articulation entre la représentation et son autre dans l’œuvre de Mark Rothko, lui qui a écrit :

« Je ne crois pas qu’il ait jamais été question d’être abstrait ou représentationnel. Il ne s’agit vraiment que de mettre fin à ce silence et à cette solitude, d’ouvrir une brèche et de tendre encore ses bras ».

 

Cette brèche nous parait ouvrir sur un impossible, impossible de la Nuit telle que l’a formulée Maurice Blanchot, la Nuit de l’origine et de la mort, intraitable, aux frontière de laquelle l’œuvre d’art nous déchire, nous expulse. Une Nuit qui chez Rothko se décline en nuit de lumière, irradiante, en nuit rouge, de sa couleur de prédilection, et enfin en nuit noire, lorsque l’origine et la mort se rejoignent.

Parler de Rothko c’est ainsi parler de ce qui habite la création de tout temps, de son rapport à l’être et au néant ; c’est aussi donner à penser une esthétique et une éthique qui se fondent de la nécessité du hasard, rappelant à l’humain son humilité comme ses capacités à transcender sa condition.

 

 

 

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